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Quand le décrochage n’est pas un échec, mais un appel



Dans mes consultations, un mot revient souvent.

Un mot prononcé avec gêne, parfois avec honte.

Un mot qui semble déjà contenir un verdict.


Le mot « décrochage ».


Décrochage scolaire.

Décrochage professionnel.

Décrochage de couple.

Décrochage parental.


On en parle comme d’un abandon.

Mais très souvent, il ne s’agit pas de renoncer.

Il s’agit d’un épuisement profond.


Le décrochage n’est pas une panne


Quand quelqu’un décroche, il n’est pas cassé.

Il est souvent allé trop loin contre lui-même.


Il a tenu.

Il s’est adapté.

Il a essayé de répondre aux attentes, aux rôles, aux injonctions.


Et puis, quelque chose s’est retiré.

Pas par faiblesse.

Par nécessité intérieure.


Le décrochage n’est pas toujours un refus d’avancer.

C’est parfois un refus de continuer sans sens.


Ce qui décroche, c’est souvent le lien


Face au décrochage, la société cherche vite à réparer.

À remettre sur les rails.

À corriger.


Mais ce qui décroche n’est pas toujours la motivation.

C’est souvent le lien.

Lien à soi.


Lien au travail.

Lien au couple.

Lien à la parentalité.


Quand ce lien se tend trop longtemps, il finit par céder.


Rencontrer plutôt que corriger


Rencontrer un être humain en décrochage, ce n’est pas lui demander d’aller mieux.

C’est d’abord rester avec lui, là où il est.


Sans jugement.

Sans pression.

Sans solution immédiate.


Derrière un décrochage scolaire, il y a parfois un enfant qui ne se reconnaît plus dans ce qu’on lui demande d’être.

Derrière un décrochage professionnel, un adulte qui a perdu sa place.

Derrière un décrochage de couple ou de parentalité, une fatigue d’exister dans un rôle devenu trop étroit.


Se rencontrer soi-même dans le décrochage


Le regard le plus dur est souvent celui que l’on pose sur soi.

On se reproche de ne plus y arriver.

On se presse de redevenir “comme avant”.


Et si le décrochage était justement un moment pour se rencontrer autrement ?


Non pour s’y installer.

Mais pour comprendre ce qui appelle à être réajusté, non pas réparé.


L’humain n’est pas à réparer, il est à rencontrer


Le décrochage n’est pas un échec définitif.

C’est un seuil.


Un endroit où l’on ne peut plus faire semblant.

Un endroit où quelque chose demande à être entendu, respecté, reconnu.


Parce qu’au fond, ce n’est pas la réparation qui apaise.

C’est la relation.


La relation à soi.

La relation à l’autre.

La relation au sens.



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