L’humain n’est pas à réparer, il est à rencontrer
- Yann Lecoq
- il y a 5 jours
- 2 min de lecture

Il y a, dans notre époque, une obsession silencieuse.
Celle de vouloir corriger, améliorer, optimiser l’humain.
Réparer ce qui déborde.
Calmer ce qui dérange.
Corriger ce qui souffre.
Comme si être humain relevait d’un défaut de fabrication.
Et pourtant…
L’humain n’est pas à réparer. Il est à rencontrer.
Nous ne sommes pas des machines déréglées
Quand quelqu’un va mal, le réflexe est souvent immédiat :
Qu’est-ce qui ne fonctionne pas ?
Qu’est-ce qu’il faut changer ?
Quelle pièce remplacer ?
Mais un être humain n’est pas un moteur en panne.
Il est une histoire en cours.
Un paysage intérieur parfois brumeux, parfois lumineux, souvent contradictoire.
Ce que l’on appelle « problème » est bien souvent un message non entendu.
La souffrance n’est pas une erreur, c’est un langage
La fatigue parle.
L’angoisse murmure.
La tristesse insiste.
Elles ne demandent pas toujours à être effacées.
Elles demandent à être reconnues.
Vouloir réparer trop vite, c’est parfois refuser d’écouter.
C’est poser un pansement sur une question existentielle.
C’est faire taire une vérité qui cherche un espace pour se dire.
Rencontrer, c’est ralentir
Rencontrer un être humain, c’est accepter de ne pas avoir tout de suite la solution.
C’est rester là.
Sans mode d’emploi.
Sans jugement.
Sans précipitation.
C’est regarder quelqu’un sans chercher à le transformer.
C’est accueillir ce qui est, avant d’imaginer ce qui pourrait être.
Et cela demande du courage.
Car rencontrer, c’est accepter de ne pas maîtriser.
Se rencontrer soi-même, aussi
Nous sommes souvent les premiers à vouloir nous réparer.
À nous reprocher nos failles, nos lenteurs, nos retours en arrière.
Et si, au lieu de nous corriger, nous apprenions à nous rencontrer ?
Rencontrer nos contradictions.
Nos élans avortés.
Nos zones sensibles.
Non pas pour les excuser, mais pour les comprendre.
Non pas pour s’y enfermer, mais pour les traverser.
L’humain n’est pas un chantier, c’est une présence
Il n’y a pas d’humain fini.
Pas de version définitive.
Pas de modèle parfait.
Il y a des êtres en mouvement, parfois fatigués, parfois perdus, parfois lumineux.
Et ce mouvement mérite autre chose qu’une réparation hâtive.
Il mérite une rencontre vraie.
Une présence qui dit :
Je te vois.
Je t’entends.
Tu as le droit d’exister tel que tu es, ici et maintenant.
Parce qu’au fond, ce n’est pas la réparation qui guérit.
C’est la relation.



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