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🌙 Quand l'envie disparaît, que reste-t-il ?




Il y a des matins comme ça.

On se lève. Et on ne sait pas trop pourquoi.

Pas de grande tristesse.

Pas de raison précise.


Juste cette impression étrange,

qu'une couleur a disparu de la journée.


On cherche.

On attend.

On espère que ça reviendra.

Et malgré tout… on est là.

Encore.

C'est peut-être la chose la plus importante de toute cette journée.

🌿

On nous a peut-être dit que l'envie reviendrait.

Qu'il suffisait d'y croire.

De rester positif.

De tenir bon.

Mais personne ne nous a appris à reconnaître

la différence entre une panne… et un passage.

Ce n'est pas la même chose.

Ce n'est vraiment pas la même chose.


Une panne, ça se répare.

On cherche ce qui ne va pas.

On corrige. On repart.


Un passage, ça se traverse.

On ralentit. On écoute.

On laisse le temps faire ce que la volonté ne peut pas faire seule.

Et ces matins sans couleur…

ces journées sans élan…

ces moments où on ne sait plus très bien ce que l'on veut ni qui l'on est…

Ce sont des passages.

Pas des pannes. Jamais des pannes.


Il y a quelque chose en nous qui n'oublie pas.


Quelque chose qui se souvient

de ce qu'on aimait faire avant que la vie devienne compliquée.

Avant les responsabilités.

Avant les attentes des autres.

Avant qu'on apprenne à passer après soi.


Je pense à Kevin.

Un jour, il m'a arrêté dans la rue.

Il avait peut-être neuf ou dix ans.

Il a levé la tête vers le ciel et il m'a dit, les yeux grands ouverts :

"Waouh… regarde Yann. Le ciel avance."


C'étaient les nuages, bien sûr.

Mais pour lui… c'était le ciel entier qui se déplaçait.

Et vous savez quoi ? Il n'avait pas tort.


Il voyait quelque chose de vrai que les adultes ne voient plus.


Cette façon de regarder le monde

comme s'il était encore plein de mystères.

Comme si chaque chose méritait qu'on s'arrête.

Qu'on lève les yeux. Qu'on dise waouh.


Cette partie-là n'a pas disparu en vous.

Elle attend.

Patiemment.


Sans bruit.


Comme une petite lumière qu'on a oublié

d'éteindre au fond de soi.

Et ces matins sans élan…

c'est peut-être elle qui essaie de nous parler.


Pas pour nous faire souffrir.

Pour nous rappeler quelque chose d'essentiel.

Quelque chose qu'on n'a pas perdu.

Quelque chose qui attend.

Encore.


Je me souviens du premier regard

sur chacun de mes enfants.

Ce mélange étrange de beauté absolue

et de fragilité totale.


Une joie immense.

Et en même temps… une peur silencieuse.

"Est-ce que j'y arriverai ?"


Personne n'a vingt ans d'économies de côté

avant de faire un enfant.

Personne n'est vraiment prêt.

Et pourtant.


Ce sont eux qui m'ont élevé.

Bien plus que je ne les ai éduqués.


Ils m'ont fait rire. Ils m'ont fait courir.

Ils m'ont réappris à faire du vélo.

Ils m'ont ramené dans des mouvements

que j'avais oublié d'avoir.


La plus belle chose qui me soit arrivée…

c'est d'avoir été éduqué par eux.


Les enfants ne nous demandent pas d'être parfaits.

Ils nous demandent juste d'être là.

Présents.

Vivants.

Parfois le sourire du cœur n'arrive pas là où on l'attendait.



🌙Et soyons honnêtes.


Le monde dans lequel on vit

ne nous aide pas toujours à lever les yeux.

Il y a les journées trop chargées.

Les disputes qu'on n'a pas choisies.


Les attentes des autres.

Les notes à avoir.

Les résultats à montrer.

Le travail qui déborde.


La famille qui demande.

Les comparaisons qui font mal.


On court. On donne.

On encaisse. On recommence.


Et personne ne demande vraiment :

"Et toi… comment tu vas ? Toi. Vraiment."


Ni à l'enfant qui rentre de l'école

avec quelque chose de lourd sur les épaules.


Ni à l'adulte qui rentre du travail

avec quelque chose de lourd dans le cœur.


Dans ce bruit permanent…


Perdre l'envie n'est pas une faiblesse.


C'est la seule façon qu'a parfois le corps

de dire ce que la bouche n'ose plus formuler :

"J'ai besoin de souffler.

J'ai besoin de me retrouver.

J'ai besoin que quelque chose,

enfin, soit juste pour moi."


On a tous ce droit.

À tout âge.

Dans toutes les situations.

Même quand personne ne nous l'a dit.


🌿Vous connaissez la mer ?


Pas toujours celle des vacances.

Celle qu'on observe vraiment.


La mer se retire.

Chaque jour. Sans exception.


Elle ne disparaît pas. Elle ne renonce pas.

Elle ne s'en va pas pour toujours.


Elle recule.

Pour reprendre de l'élan.

Pour revenir. Plus forte.

Plus pleine.

Autrement.


Notre envie ressemble parfois à ça.


Ce qu'on appelle "ne plus avoir envie"…

ce n'est peut-être pas une fin.

C'est la mer qui se retire.


Elle reprend des forces.

Elle retrouve son mouvement.

Elle prépare quelque chose.

Quelque chose qu'on ne voit pas encore.

Mais qui vient.

Toujours.

La mer revient toujours.


🌙On croit souvent qu'il faut une grande décision.


Un déclic. Un matin extraordinaire.

Mais les retours à soi…

ne ressemblent presque jamais à ça.


Ils ressemblent à quelque chose de beaucoup plus petit.

De beaucoup plus doux.


Une tasse de chocolat chaud qu'on boit lentement.

Une fenêtre qu'on ouvre juste pour sentir l'air.

Une chanson oubliée qu'on retrouve par hasard.

Un dessin qu'on fait sans raison précise.

Une promenade sans destination.


Un ciel qu'on regarde avancer.

(Comme Kevin.)


Un tout petit geste. Fait pour personne d'autre que soi-même.


C'est souvent là que tout recommence.

Pas dans les grands élans.

Dans les petits retours.


Ceux que personne ne voit.

Mais qu'on sent. Là. Dans la poitrine.


Et parfois… c'est exactement ce qu'il fallait.

Rien de plus. Rien de moins.

C'est même courageux.

🌿


Il y a une chose que personne ne dit assez.


On n'est pas fait pour traverser tout ça seul.


Pas les doutes.

Pas les matins sans couleur.

Pas ces moments où on avance sans savoir exactement vers quoi.

Ni les enfants. Ni les adultes. Personne.


On vit dans un monde qui admire ceux qui n'ont besoin de rien.

Qui célèbre la force solitaire.

Qui dit bravo à ceux qui "s'en sortent seuls".

Mais ce n'est pas comme ça que les

êtres humains fonctionnent vraiment.


On est fait pour être vus. Entendus. Reconnus.


Et oui. Parfois on se sent seul.

Vraiment seul. Profondément seul.


Ce n'est pas une illusion. C'est réel.

Et c'est lourd à porter.


Mais voilà ce qu'on sait aussi.

La vie est un mouvement.

Un élan.

Une suite de surprises que l'on n'a pas encore vécues.


Et dans ce mouvement-là… quelque chose t'attend.

quelque chose est encore possible.

Même si, aujourd'hui.


Un matin qui sera différent.

Une rencontre inattendue.


Un regard qui dira sans un mot :

"Je te vois. Je te reconnais. Tu comptes."


Ce sourire-là existe.

Il a ton prénom.

Il t'attend quelque part dans ton futur.

La vie ne s'arrête jamais vraiment.

Elle respire. Elle se prépare. Et puis elle surprend.

Toujours.


🌙Maintenant.


On n'a pas à savoir exactement où l'on va.

Ni qui l'on va devenir.

Ni combien de temps ça va prendre.


On a juste à être là.

Présent.

Avec ce qu'on ressent.

Tel qu'on est. Maintenant.


C'est déjà quelque chose. C'est même beaucoup.

Parce que les plus belles choses

ne naissent pas toujours des grandes décisions.


Elles naissent parfois d'un moment ordinaire

où l'on a choisi de ne pas s'abandonner.

De rester là.

Encore.


Comme Kevin qui a levé les yeux vers le ciel et a vu

quelque chose de beau là où personne ne regardait.


Ce regard-là… on l'a tous.


Il suffit parfois d'oser lever les yeux.


Posez-vous une seule question. Une seule.


Pas sur ce qu'on devrait faire.

Pas sur ce qu'on doit réussir.

Pas sur ce que les autres attendent.


"Quelle est la toute petite chose qui, maintenant, me ferait du bien ?"


Une chanson.

Un chocolat chaud.

Une bougie allumée.

Dix minutes dehors.

Un dessin.

Un ciel à regarder avancer.


Choisissez-en une. Une seule. Et faites-la.


Sans culpabilité. Sans justification.

Sans demander la permission.

Juste parce qu'on existe.

Juste parce qu'on le mérite.

À tout âge. Dans toutes les situations.



Y a-t-il en ce moment quelque chose

en toi qui attend d'être reconnu ?


Pas transformé.

Pas corrigé.

Pas expliqué.

Juste… entendu.


🕯️ Parfois traverser un passage devient plus doux quand on n'est pas seul.

Si tu ressens le besoin d'un espace pour déposer ce que tu portes

bienveillant, intuitif, sans jugement —

je suis là.

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